En me défaisant de mes vêtements ce soir, j’ai vu sortir d’une poche une petite forme ronde, une sorte de grenouille qui a sauté mollement devant mes yeux devenant une belle flaque noire comme un lac.
Ce noir était d’une telle beauté, un mat velouté, le plus plein et intense ai-je pensé.
J’ai attrapé ce message déployé de monsieur Nuit qui me disait que je l’avais toujours avec moi dans la poche.
Il y avait un tel tournoiement à ce moment dans ma tête, d’époques, de lieux, de pensées prononcées et devinées qui se rassemblaient, se mettaient en ordre de flux, ce qui me venait de ma lecture d’Hannah Arendt, du pas des notes sur le clavier du piano, de la courbe du vol d’un oiseau qui accompagnait la parole d’une amie, de la porte qui s’ouvrait sur une rue où je rejoignais la foule, du jardin où s’épanouissaient les fruits, de la forêt où se cachaient les sangliers, pendant que tout cela se répondait, s’interpellait, je me laissai gagner à écouter, je renonçai à écrire, je m’endormis.
Et je fis un très long rêve sans me réveiller jusqu’au matin. Je sus que je l’avais bien nommé : monsieur Nuit.

Franz Kline
Monsieur Nuit t’inspire des passages très poétiques
Chez toi la nuit porte autre chose que des conseils
(sourire)²
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magnifique atmosphère de rêve avec toutes sortes d’animaux, des jardins et des fruits, des forêts, tout si bien réuni dans ce tournis de pensées et d’événements imprévisibles…
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