C’est dans l’art de ne pas dire qu’elle excelle.
(Mais ce n’est pas du tout l’art du secret, et je ne dirais pas non plus qu’elle sait tenir sa langue, c’est tout le contraire !)
La devinette, je l’ai déjà éventée : rien à dire, tout à montrer, c’est la peinture !
Si je suis enjoué pour la présenter, c’est qu’elle est la joie même, le grain de folie, la lumière dans ma bande d’ami.es. Elle, la musique, la rivière, les filles ne manquent pas. Jouer entre sexes, jouer en tout genre, nous déguiser, nous glisser, nous caresser, anthères, pistils, corolles, chatons, tous les oiseaux sont aussi nos amis, autant que violons, que phrases et frasques en toutes saisons. La moindre musique, le moindre baiser, même la querelle, le conflit, la bagarre ont leur saveur, leur éclat, leur soin, c’est entendu, c’est peint, c’est joué et jeté dans la nuit, réduit au silence et rêvé, redécouvert, remis et échangé (la robe, le costume) — nos jeux d’enfants, ces rondes, ces passerolles, ces farandoles, trois fois passera, la dernière la dernière restera… au milieu du plat… ou bien sera choisie. C’était ainsi, ça l’est toujours, cette diversité, c’est le règne des règnes et le lieu de toutes les jouissances et réjouissances. Ainsi à l’intérieur du paradis on trouve de tout (et même l’enfer), nous nous mêlons, nous entremêlons.
Sauf qui ne veut pas jouer, pas échanger, ou juste un peu pour faire semblant — mais qui en rêve, en rêve souvent sans le savoir, et ce rêve oublié reprend toutes ses affaires, les refoule bien vite dans ses valises, les écrase au fond de sa nuit.
Mais la nuit est partout.





