La-nuit-porte-conseil était chez moi. Je l’ai trouvée étalée, toute à son aise sur mon lit lorsque je me suis réveillé, vers 3 ou 4 heures. L’ambiance était nouvelle, active et détendue, des projets semblaient en cours de discussion, au passage, j’attrape un « club de mode de vie » qu’il est question de (me) proposer de promener dans la ville. Vitalité, couleur, comme sur un marché à l’africaine mais chez moi et s’étalant dehors, débordant, occupant successivement les endroits où j’aime me promener, m’arrêter sur un banc, sous les gigantesques platanes du bois des Naix, dans ce large creux, ce vallon où ces arbres vous accueillent sous leurs orbes, leurs silhouettes de danseurs géants, placides, bien ancrés sur leurs jambes et mouvant en souplesse, leur cime chatoyante chantonnant au vent. Partout, ils tenaient conseil, les petits qui roulaient au sol, les grands arquant leur canopée, les femmes assises dans leurs riches couleurs parmi la multitude ou l’éparpillement des paniers. Les modes de vie, leur thème, devenaient les arts de l’écologie locale et régionale, habillement, cuisine, conversation, échange d’idées chacun y allait de recettes, de musique et d’artisanat, de lectures. J’enjambai tout ce désordre de mon lit, que j’ai de coutume un drap sur le tapis la couette en récolte, pour me retrouver à cette table où le crayon est à l’œuvre, tranquille lui aussi, ne cherchant pas la phrase ni le sens, seulement le mouvement, la couleur, et le merle se met à chanter. Une petite fille va remplir une gourde d’eau à la fontaine. Le calme se fait à nouveau dans la chambre, les chants des oiseaux dehors se rejoignent, donnant son ampleur à l’espace du jour.





