L’été prend mon corps sous ses doigts, me fait chanter, me remue doucement, le désir naît de partout en même temps.
Anne m’écrit. Elle me tient comme une aquarelliste avec un pinceau gonflé qui dépose finement des pétales et des tiges, des colliers, qui dessine des boucles dans les cheveux, qui peint des lèvres. Elle fait danser sous ses doigts le décor qui nous sépare ou plutôt qui nous relie l’un à l’autre.
Et bientôt nous sommes dans un jardin où chantent les oiseaux, où s’épanouissent les fleurs, où s’envolent des parfums, murmurent des ruisseaux, Anne mon personnage féminin de toujours, revenue me prendre la main. Les saisons existent toujours.
Sculpture de Nicole Algan, Romans, photo r.t
