Assetate, Camille.
Et sa sœur, frotte ses mains sur son tablier, vient mettre un petit verre devant lui sur la table — la sœur de Louis.
A la tienne, dit Louis en levant son petit verre, aussi. A la tienne, Lili. Sa sœur est repartie aux fourneaux ou ailleurs. Il faudrait qu’on vendange plus tôt, dit Camille — en patois. La conversation se poursuit lentement. Ils se mettent d’accord en peu de mots, même s’ils vont prendre leur temps ensuite pour s’organiser, chacun, et avec les autres de Chantabot.
On passe par un rideau de perles (l’été, interdit aux mouches) et on se retrouve dans la cour. La source coule dans le bassin, sous l’ombre du tilleul. Le parfum du tilleul, la fraîcheur sombre du miroir de l’eau dans le bassin moussu, les tuiles rouges, chaudes et rêches des toits, le défilé de voix cassantes des oies — clarinette, basson — leur déhanchement, tons clairs, blancs et bistres, les persiennes, tu peux jouer tout ça, dis-je au piano.
Moi je peux, mais toi, le peux-tu ? m’a-t-il répondu.
Nous allons prendre notre temps. Il en sortira quelque chose.
Ici on écrit. On filme. Sur le dos du cheval on entend le pianotement des notes. Je sens la grosse masse d’un animal qui me porte. Un bateau sur la rivière.

Hélène Duclos

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