Que fait-il le petit, là, dans les reins ? Est-il prisonnier, est-il adopté, réfugié, apprend-il la guerre, lui aussi, est-il l’enfant soldat du grand Escogriffe ?
Je me résous à le porter. C’est un bien grand mystère. Mais c’est une raison de vivre aussi.

Monsieur Temps, le danseur, que fait-il à cette heure ?
Et je le vois rebondir sur les fleurs, se démultiplier dans les innombrables musiciens qui le sollicitent pour un peu d’élan, de légèreté, de grâce, de lumière. Il faut dire que l’ensemble est prodigieusement exaltant, disparait dans un éblouissement céleste, c’est musique quotidienne pour eux.
Faire de la musique dans la pirouette échevelée des étoiles c’est le quotidien de ces musiciens, hommes, femmes, incarnés chantant, et je les suis, du crayon ou du bout du pinceau.
Non je ne perds pas pied, au contraire. Comment ai-je pu tenir jusqu’à maintenant sur l’asphalte, la main sur le mors du cheval. Pauvre cheval, tu as enfin tes ailes, tout comme moi !

Le poète, lithographie de Marc Chagall

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