Les tenants et les aboutissants. La rampe d’escalier. Le mur. Les marches d’escalier. Et nous voilà dehors. La canne. Jean avait laissé sa canne derrière lui, mon pied a buté sur elle, sa main à lui l’a rattrapée alors qu’il était déjà en train de tourner le dos pour partir en direction de la sortie après avoir péniblement entré dans son sac les courses qu’il venait d’acheter au supermarché.
Bonjour John ! lui dis-je surpris et enjoué — à demi surpris car je l’avais observé l’instant d’avant, sa tête baissée presque dans le sac, son dos raide fléchi me le rappelaient sans que je lui mette son nom.
Ça va ? Pas vraiment, il me dit. Je reste à l’interroger du regard, mais il continue son mouvement vers la sortie.
Bon courage !
Je le laisse aller. Je sais qu’il est en train d’écouter une musique sourde, cotonneuse, mais belle, rien que pour lui, comme j’imagine celle d’un berceau venu d’un nid d’étoiles.

Marc Chagall, 1966, Le Poète

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