Aujourd’hui cette peinture me cligne de l’œil, me prend par le coude, me promène entre ses couleurs, m’invite à l’habiter.
C’est un matin lumineux, plein d’enchantements. Je n’ai pas descendu l’escalier, je n’ai pas mis le nez sur le palier. Un espace s’est ouvert (à l’intérieur ?) sur cette feuille de papier. Les amis sont là, à la terrasse du Central sous les platanes, c’est déjà l’été.
Par les deux fenêtres traversantes de l’est et de l’ouest, dans la grande rivière bleue balayant le train des nuages, mon grand-père s’affaire avec sa charrette et c’est encore le printemps quand il étend en plein ciel les draps de couleurs pour le grand coucher du roi.
Je dévore les tartines de miel mieux que dans mon enfance, en mangeant des noix, en buvant peut-être des petites gorgées de whisky. Puis je dévale les escaliers et le cheval piano me suit. La petite boîte de mes déchets alimentaires est pleine avec les coquilles de noix, des brins de fenouil, des pépins de pommes que je vais jeter de ce pas sur les berges de la rivière.
La Terre n’est pas ronde, vue d’ici, et pourtant elle tourne, dans tous ses multiples rouages de bactéries en étoiles, des yeux perlés, sombres, brillants que je croise, des paroles qui se sourient.

Une réflexion sur “

Laisser un commentaire