En début d’après-midi sont arrivés les contes dans la peinture. L’air leur a paru assez doux, la lumière accueillante, ils se sont doucement avancés, ils ont pris le corps des touches de couleur, ils les ont animés, ils ont dansé comme toute la nuit les jouets dans un rêve d’enfant, dans un ballet de Tchaïkovski ou un conte de Walt Disney. Nous avons pu faire cela, monsieur Temps et moi.
Peut-être même surtout lui, tellement j’ai l’impression d’avoir peu compté, marchant de son pas seulement, avançant sans regarder derrière la nuit qui s’emplissait, la laissant grandir et s’éloigner pêle-mêle un mot à l’endroit deux mots à l’envers.
Maintenant je regarde, le nouveau jour est né. Est-il possible que nous ayons créé ? que nous ayons été Dieu… que toute cette histoire, finalement, était vraie… en un jour ou deux… en sept jours… sans nous en rendre compte, pendant que nous avions le dos tourné, le monde se créait.
Oui, me dit monsieur Temps, de l’intérieur, tu peux le dire ainsi.
