Vous êtes à danser sur mes murs, ou plutôt vous vous riez de mes murs pour faire du saute-mouton par les fenêtres. J’entends des chansons, j’entends des mots qui viennent se coller en étiquettes au bout des doigts. J’écris Il suffit de passer le pont sur l’une de vous ou plutôt quelque part sur quelque chose comme un gosse qui vient de découvrir la magie de la lecture — un vieux gosse comme Magritte à la pipe ou Baudelaire au sonnet entêtant ou tant d’autres comme Ulysse qui ont mis les choses en mots ou les lettres en couleurs.
Tiens voici venir mon chevalpiano les perles aux sabots dans la fête.
Tout a l’ouïe fine ici dans ce vaste silence. Et moi… je finis par comprendre que je vous donne ma chemise pour être du voyage.
Il n’y a pas un coin de ma vie qui vous soit caché pour longtemps.
Même la nuit !
Nocturne, 1923
Magritte
