
Comme il y avait au temps de Freud un sur-moi — qu’il s’était donné la peine de dénicher de derrière les fagots, d’empoigner et de caresser dans le sens du poil, ce qui est, somme toute, une belle aventure, il en allait de la cohésion du moi…
Voilà qu’il y a aussi un sur-nous — gigantesque, qui bâillonne, qui étouffe notre créativité commune… sphère médiatique tentaculaire… sphère des images et des signes, par quoi tout est, à l’origine ou en définitive, contrôlé, passé sous approbation, sous distorsion ou rétorsion. Mais d’où vient-il ce vaste miroir, ce cadeau de l’évolution, de quoi veut-il nous protéger ?
Serions-nous tentés de faire passer notre flux de liberté, de désir créatif, à travers cette nouvelle enveloppe pariétale, charmeuse et menaçante, qu’il aurait (ce flux, sporadique) toutes les chances de se noyer avant d’arriver à voir le jour.
Resterait donc le moi comme petit horizon.
Une peinture de Amel Zmerli