Alain

Olivier DebréLes couleurs sont les artistes. Le cèdre broie le vert et noir contre le satin rose orangé du ciel. Appuyées sur le socle chaud des toits roux, les couleurs de la vie gardent celles de la mort sous leurs ailes. Les lourds reptiles des branches se soulèvent. Leur brun charbonneux, épaisses lignes. L’iris clair des nuages. Le bleu ciel s’ouvre en longues rivières, en bras limpides. Les fourmis de mes mots grimpent à l’assaut du tronc. Les petits hommes méchants ou bons remuent à terre ou grouillent, rouillent, s’écrasent sous l’infinie beauté déployée parmi eux à leur insu – qui les écoute – qui rougit à leurs émotions – s’embrase, s’allège. Comme ce matin à l’enterrement, le cercueil, soudain vaisseau glorieux qui répondait à nos attentions en prenant son envol chargé de fleurs, de bougies, empourpré, comme si des anges l’avaient soulevé, alléluia, indifférent au protocole vaillamment assumé du prêtre mais pas au recueillement qui venait de laisser entrer dans l’église cette grâce des artistes. Renouvelant le contrat que les religions ont toujours fait aux arts.

peinture d’Olivier Debré

2 réflexions au sujet de “Alain”

  1. la pluie , le vent , ni l’ un ni l’autre sont venus décoiffer son parterre de fleurs, et elles s’éveillent de jour en jour , malgré les durs moments de le météo , elles veillent à lui laisser sa couverture, aux multiples couleurs .

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