avec mes sabots

Adami, il paesaggio du Tolstoi -acryl s.toile 1976-77

J’ai piétiné des souvenirs
et j’ai trouvé, toujours, une eau limpide.
Partout où je marche je l’emporte avec moi. Elle ne m’appartient pas, elle est commune. Nul rituel ne me l’a donnée. Seulement le regard émerveillé de ceux qui m’ont accueilli.
La famille, ce n’est que cela, le lieu des mains qui nous accueillent. Un jour elles se retirent, mais elles ont été là — et l’eau limpide s’est engouffrée.
Quelquefois les mains savent aussi, comme elles ont accueilli le nouveau-né, ensevelir le mort.
Etymologiquement, sepelire, avant d’être ensevelir, donner une scépulture, était en latin dormir et semble-t-il, de lointaine origine, en sanscrit, vénérer. Ce qui nous indique que dormir contient ce respect devant un mystère.
En passant par la famille,
l’être est nu dans les mains communes qui l’accueillent et dans celles qui le relâchent.
Entre ces deux brefs instants, sacrés s’il en est, escamotés peut-être, les familles sont des cadres plus ou moins sécurisants ou étouffants dont il faut un jour ou l’autre démonter les murs, les portes, les fenêtres, pour lever le camp.

Valerio Adami, il paesaggio du Tolstoi, acrylique sur toile 1977

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