erreur

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Je prends mon sac. Je vais vers ce qui est très éloigné.
Le corps déployé, des ailes accrochées sur le dos,
presque éloigné déjà de l’espèce humaine.

Je ne pars pas pour me confronter aux humains
même si je vais à leur rencontre
nous sommes des inconnus

Je les rencontre entre deux plantes
entre deux arbres
deux paysages
entre deux villes, deux routes, deux trains.

Ce sont les plantes que je connais
les arbres, les paysages, les ponts, les rues
je leur donne mes mains, mes regards
et mes pas sans compter.

Seuls ils ne me refusent pas l’amour, voilà ce que je me dis
pour me consoler des erreurs passées.

photo r.t

8 réflexions au sujet de “erreur”

  1. jeunesse des pas, genèse en marche, souffle nature, rencontres entre deux arbres, quel beau programme, bonne route ! je me disais que comme la boue, le terreau, les orties et toute ces sortes de mauvaises herbes aident à faire fleurir et se déployer la nature, peut-être aussi les erreurs, les tristesses passées cultivent les joies présentes. Belles journées et belles marches à vous !

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  2. Ce grillage enroulé, bien rangé, en beau contraste avec l’herbe qui pousse à son gré, fait-il signe d’erreurs dont on se serait extrait? Faudrait-il s’en « consoler » ou s’en enrichir? Elles seraient alors des expériences. Les ailes au dos évoquent pour moi les tableaux de Miro. La marche, les rencontres sont tout en mouvement dans l' »entre » des repères et la nature rend au centuple l’amour qu’on lui témoigne mais le sentiment que « les hommes » ne donneraient pas d’amour m’attriste. Quoiqu’il en soit, beaux souffles et rythmes de vie en mouvement dans ce poème. Bonne journée à toi.

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    1. Comme ce grillage, comme ces ailes, l’homme est erreur (pour retourner la formule). L’amour, ce n’est pas qu’ils n’en donnent pas, c’est qu’ils n’en veulent pas (air connu).

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  3. Les erreurs passées, celle de l’abandon, de la maladresse arrogante du rebouteux, de l’avalanche, de la guerre ?
    De ces erreurs là, Robert Seethaler ( Rappelez-vous le Tabac Tresniek) nous en offre une magistrale déclinaison dans la « vie entière » d’Andreas Egger.
    Alors, pour entrer à pas de loups sur la neige de notre nuit, ce passage (rencontre entre Egger et Marie)
     » Il la guetta le dimanche après l’église. Elle portait une robe blanche et un petit chapeau blanc. Ce petit chapeau était vraiment joli, mais Egger se demanda s’il n’était pas un peu petit. Il lui faisait penser à ces bulbes bruns qui émergeaient du sol par endroits dans la forêt et sur lesquels fleurissait parfois miraculeusement un lys blanc isolé. Mais peut-être le petit chapeau était-il aussi juste comme il fallait. Egger n’en savait rien. Il n’avait aucune idée de ces choses. Son expérience des femmes se bornait aux messes du dimanche, pendant lesquelles il écoutait chanter leurs voix claires, assis dans la dernière travée de la chapelle, presque étourdi par le parfum dominical de leurs cheveux lavés au savon et frottés de lavande.
    – Je voudrais…, dit-il d’une voix enrouée, en s’interrompant au milieu de sa phrase, car ce qu’il voulait dire lui était brusquement sorti de l’esprit. Ils restèrent debout un instant à l’ombre de la chapelle, en silence. « 

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    1. « sur la neige de notre nuit », comme c’est beau, cette éclatante splendeur de la fragilité, qu’elle en est presque invisible, de silence, presque une erreur. Grand merci Joëlle, je ne connaissais pas du tout.
      Cette « vie entière » me fait soudain penser, avec un sourire-souvenir, un souvenir-sourire, au cher Pierre Autin-Grenier dont un des livres porte ce titre : « Toute un vie bien ratée »

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