
Les joyeux cris des hirondelles ce matin ont fêté leur arrivée. A la fenêtre ouverte au soleil je suis venu les saluer. Les petites joyeuses virevoltaient. Un couple de tourterelles s’est posé sur un fil, patient et attentif.
Le ciel a changé, la chaleur profonde s’est révélée. Comme si la vie en attente était libérée.
La musique du ciel a changé. Les sifflements des merles sont devenus différents, leurs mélodies moins audacieuses et démonstratives. Les moineaux, tourterelles et corbeaux se sont comme répartis l’espace d’une symphonie plus vaste, gazouillant, sifflottant, roucoulant, des cloches dans le lointain s’égayant à présent elles aussi (sans doute un mariage). Les voitures peu présentes dans la rue reprennent leurs sillonnements. Les hirondelles, après leur parade de bienvenue reviennent se projeter en flèches, en courbes et deltas furtifs, blancs, noirs, lacets, couples-pousuites déjà, ciseaux et orbes, élégamment, sans cris.
Elles sont chez elles, grandes migratrices venues d’Afrique, du désert violent, de la Méditerrannée implacable. Fragiles petits corps vigoureux, groupes familiaux, petites communautés de villages ou de quartiers… Vous êtes chez vous — de moins en moins chez nous, humains affairés, indifférents, esprits hors sol. Mais, pire, nous les chassons, elles aussi victimes indirectes. Les martinets, à ce jour, ne sont pas revenus. Ils les précèdent très largement, d’habitude. L’été dernier, ils avaient écourté leur séjour.
Thomas Anshutz, paysage au ciel gris
mais René il n’y a pas d’oiseaux dans le tableau, oh ? mes potes ce sont les merles… Gérard
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C’est bien pour ça, Gérard ! C’est un séjour disponible. Libre d’accès pour tes merles !
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Le tableau, aux couleurs qui se répondent en notes, quasi musicales, harmonieusement contrastées, rougeoyantes, grises, brunes, vertes, donne à sentir dans ses formes, le souffle du vent. Séjour, c’est jour, jour à séjourner allongé dans l’herbe. Et bien sûr, les oiseaux, tous les oiseaux, leur peuple joyeux, leurs musiques variées et enjôleuses. Et les arabesques des hirondelles, danseuses infatigables, tournant, se croisant, fondant sur l’aliment, remontant plein ciel. Merci René pour ce texte si vivant dans lequel ta présence contemplative est sensible. Oui; C’est jour!
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… contemplative et inquiète. J’ai failli intituler « droit de séjour ».
Et ce mot me chante aussi « le séjour qu’ont bâti mes aïeux »…
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Enfin ils sont arrivés. Au premier cri je les ai reconnus ce soir. Ils arrivent toujours le soir. Il fait encore grand soleil, grand bleu. Ils dansent là haut en criant. Tout petits noirs.
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