Ils sont venus me chercher — pour aller à une fête. Pour aller à une fête ? monsieur Temps et monsieur Nuit ? Je n’y crois pas. Et pourquoi pas Olga, et grand-père, et le petit soir, et l’Ogre, la petite fille, la grand-mère, le Vent ? tous avec leur force de caractère, leur pouvoir de persuasion. Sans compter ceux — et celles ! — qui sont venus en précipitation ces derniers jours ou plutôt me trouvant sur leur chemin, m’obligeant — je ne vois qu’une issue, je vais me réfugier dans le sommeil, dans l’absence, je m’engourdis déjà. J’attends que le crayon trouve un signe, un point, un tiret, qui mette fin à cette panique qui a failli s’emparer de moi. Oui j’ai des amis, des personnages, nombreux, bien réels maintenant. Ils me disent même que je suis l’un des leurs à présent. Mais Bon Dieu je résiste. Je vais me faire un chariot, une chaise roulante pour me traîner hors d’atteinte de leur fête, pour méditer, ruminer mes progrès de conscience.

Marie Hubert
Le Vent :
https://poemesparenethibaud.blogspot.com/2014/11/le-vent.html
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