
Chagrin…
En chemin des mots pâles, timides, en s’excusant, remontent à la surface, se laissent porter, sourient, soulagent, affluent. Jouent, s’organisent, s’empressent. Je les recueille avant qu’ils disparaissent.
Je me jette au milieu d’eux, dans leur caresse flottante. Petit poisson deviendra grand, pourvu que Dieu lui prête vie. Ma mère disait. Il y a souvent un de ces dictons façonnés de très loin qui est ainsi remis à l’eau.
Je commence toujours à rêver le jour, pour continuer la nuit. Le jour c’est souvent la musique qui me donne des petits paquets à transporter sur l’eau, ou me laisser porter par eux. C’est ainsi que la musique passe, je passe avec elle, d’un monde à l’autre. Et ce sont aussi les images, les choses, les histoires, contenues dans ces paquets. C’est mon environnement que je touche.
Et les mots à leur tour brinquebalent dans ma tête comme des musiques.
Finalement, le chemin pourvoit au bagage.
Le soleil du matin, très doux, caresse les toits. Deux choucas sur une cheminée se tiennent tout proches, se becquettent très discrètement : Autour d’eux le ciel est un immense ballet de martinets récréatif et silencieux.
A mesure que le soleil mûrit ils se suractivent et laissent échapper leurs premiers petits cris.
Fenêtres et volets fermés, dans la maison cachée, les mots retardataires tapotent silencieusement,
araignée du matin, chagrin.
Raoul Dufy, Grand arbre à Sainte-Maxime
Émue.
Marquée.
Merci, René!
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Les mots retardataires sont arrivés !
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beaucoup de douceur dans ce rêve infini, elle me prend, elle me conduit sur « le chemin des mots pâles » pour plus tard me retenir derrière les volets clos… et j’aime beaucoup cette douceur, je la prends comme un don nécessaire en cette saison cruelle
« Finalement, le chemin pourvoit au bagage. »
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