Les peintures.
Elles m’apaisent profondément. Elles font ça sans prévenir, sans laisser supposer qu’elles ont ce pouvoir vertigineux. Elles touchent là où on ne sait pas avoir cette immensité, elles la créent. Lorsqu’elles sont réussies, bien sûr — lorsque la main, lorsque la sensibilité superficielle ont mis la dernière touche et, surtout, ont su s’arrêter, disparaître dès que la peinture s’est libérée, s’est mise à vivre.
Vivant, elle me parle. Elle me parle comme parle la danse, comme parle la nature : en montrant, comme parle la langue des signes, en faisant toutes sortes de pantomimes ou de poses, de suspensions silencieuses qui nous donnent le temps d’entendre. La lumière est leur complice, elle ponctue, elle s’invite, elle s’amuse, elle fait le ménage, la décoration, elle respire, elle montre ses sentiments. La lumière, la voyageuse, elle vient nous frôler puis part ailleurs en visite. C’est par elle que ma peinture parle aux autres peintures, celles qui l’entourent, elles papotent, elles se disent des choses, elles réfléchissent ou s’émerveillent ensemble, ou se distinguent. Elles me font entrevoir leur démocratie. Sans complexes, sans rivalité, elles savent prendre toute la place ou la laisser à d’autres. Parce qu’elles sont dans un monde qu’elles aiment, qu’elles visitent dans les bras de la lumière ou sur son dos, même dans ses poches où elles peuvent dormir et se faire oublier. Elles parlent à tout ce qui les entoure et qu’elles ont choisi de regarder. C’est pourquoi il convient de leur donner dès la naissance un lieu, une maison, que vous aimez, qu’elles aimeront — et de les faire voyager aussi. Elles éclairent le monde qui les éclaire.

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