rencontre

Adami-après-midi d'un faune-r

J’aurais regardé avec toi la danse de l’acacia. L’acacia maigre, qui t’aurait rappelé l’Afrique et moi des torrents alpins. Celui dont les bras drus, légèrement torsadés, parsemés de lichens comme les filles du nord de taches de rousseur, prennent des poses d’étoiles longilignes, tandis que sous eux s’éventent les petits bouquets de leurs feuilles vert tendre, comme des médailles.
Nous aurions regardé, pensant à mille choses venues des quatre coins du monde de nos voyages ou de nos rêves, ces animaux au pied multiple ou solitaire, portant parasol impressionniste ou pointilliste, ombrelles ajourées aux murmures plus doux que silence.
Même au bord des routes quand nous nous serions arrêtés nous n’aurions pas eu besoin de sortir des sacs le carnet, le crayon pour écrire des mots comme je le fais, et qui ne font que signer le ratage de nos rencontres.
Nous aurions partagé la vie, alignant nos oreilles, nos yeux, nos bouches, non sur des pages mais dans l’eau du ciel, des rivières, mêlant nos corps, nos salives, nos feux entre nos bras et nos jambes.

Valerio Adami, après-midi d’un faune.