sur l’éternité

ce 17 juillet

« L’éternité occupe ceux qui ont du temps à perdre » écrivait Paul Valéry dans ses Mauvaises pensées et autres.
Je prendrai Valéry au pied de la lettre (saluant au passage Lucien Jerphagnon, le maître en saint Augustin, disant : question spiritualité, Paul Valéry ne volait pas très haut), j’irai le chercher au ras des pâquerettes. Penser l’éternité n’est donné que si vous perdez le temps.
Vous perdez le temps comme on perd les pédales, comme on dort, vous lâchez prise, la pensée perd ses griffes, elle abandonne sa proie et le temps disparaît. Oui, le temps disparaît : vous avez perdu votre temps, vous ne vous appartenez plus, vous êtes perdu car c’était vous le temps.
Perdu quand elle est retrouvée !

L’éternité c’était le temps
— Mais oui ! Le temps c’est l’éternité
Comment serait-il fait d’autre chose ?
Comment serait-elle faite d’autre chose ?

L’éternité n’est que le temps déguisé, le temps qui a retourné son manteau pour montrer toute sa magie.

Paul Valéry
Lucien Jerphagnon
Jacques Prévert
Arthur Rimbaud
Photo r.t