matin

J’écris sans voir à la sortie de la nuit.
Hier écouté à france culture Baptiste Mylondo — courageuse position, éthique et politique, poétique même : belle contribution. Vu L’homme A à la Cité de la musique de Romans. Duras — A comme Alpha, Amant, Atlantique loin du Pacifique, plus de barrage Duras en plein sentiment océanique, c’est ce qu’ont compris les musiciens. Splendide concert. Dommage que le texte n’ait pas été compris (ou du moins incarné) dans sa tragique insignifiance et ramené à ce qu’il est, une sorte de mousse échouée au bord de l’océan, reste du fantasme obsessionnel mêlé de pollution. La lumière règne sur tout ça. La lumière et la musique font ce que la parole a du mal à faire. Duras a un côté fantôme qui est certes difficile à incarner.

1er juin — ce matin bleu — juste après les premiers bruissements d’oiseau. Le camion électrique du balayeur qui ne fait presque pas de bruit, juste une sorte de ronronnement qui mouline. Silhouette du merle sur un toit. Première modulation, avant un concert polyphonique cristallin.
Un grand ballet de martinets est déjà en ciel.
Le bleu s’est retiré en une longue écharpe roulée à l’horizon, soyeuse. Le ciel s’emplit de clarté limpide.

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