human

Balcon I, 1925

Dedans, c’est demain au creux de la main. Dehors c’est le creux du solstice, l’hiver.
Dedans, l’enfant est dans le panier entrecroisé d’osier. L’enfant est le passé et l’avenir tout entiers.
Dehors, l’hiver, c’est humer la fumée d’un tas de fumier, c’est une fourche plantée dans l’antre de la chaude bouse, du foin fané, du purin qui fuit, du feu de la fente, de la braise orange, du manteau, pelisse épaisse de la nuit où fusent les étoiles.
Dedans cette présence de l’enfant nouveau-né est tellement bouleversante pour l’human
qu’il perd complètement la notion du temps, de l’espace
qu’il embrasse l’étoile et l’animal d’un même souffle, d’un feu,
qu’il les prend dans ses mains, les miniaturise,
les cuit, les refroidit.
Dehors dedans trouve l’entre-ouverture où ça respire, où ça joue, où continue le temps.

Jean Arp, Balcon I, 1925

danse

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Mon dernier métier aura été la danse.

Moi qui ai fait tous les métiers et aucun
comme j’en suis heureux
chacun m’a conduit à l’autre, comme des traversées, des voyages.
Parfois je les gardais, au bout de mes chemins, j’en jonglais.
Je crois même, maintenant, n’en avoir perdu aucun complètement.
Ce n’est que maintenant, en dansant, que peu à peu je les perds.
Je danse avec les oiseaux, au ciel, avec leurs cris dans ma tête, avec la rivière sur ma peau, chapeauté des arbres, leurs branches à mes oreilles, je suis redevenu le nageur de l’enfance, de la prime enfance, d’avant-naître.

Sculpture de Jean Arp