femme

1954

J’aime la femme, profondément. La femme existe dans mon intime existence. J’ai toujours senti confusément que j’étais né d’une femme.
Je retourne toujours en elle, celle qui m’accueille. Nous refaisons toujours naissance. Mort et naissance. Mort douce, explosion de vie.
J’aime la femme tout autant que j’aime mon autre amour, le Soleil.
Ils diffèrent totalement, pourtant. Il est tout extérieur. Je l’aime poitrine ouverte. Il m’envahit jusqu’à l’intérieur. Avec lui, je me laisse aimer.
Avec elle, je plonge au cœur du noyau de la Terre, je ne sais plus dans quel renversement, où je vois les étoiles.

Sculpture de César, 1954

6 réflexions au sujet de “femme”

  1. J’aime la matérielle densité de ce corps féminin sculpté par César et la déclaration d’amour aux femmes. Nous autres femmes aimons être aimées mais plutôt en tant qu’une(s) que « la » qui nous ferait chaque une « toute ». « Mort douce, explosion de vie »: alchimie d’un couple dans la rencontre d’ un homme et d’une femme. On y « voit les étoiles » mais aussi des soleils.
    Merci pour ce texte qui, comme la sculpture, rappelle le charnel et me fait réaliser que, pour moi, l’amour du soleil n’est pas si différent, peut me mener à la même sorte d’ex-tase, « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ».
    Et, pour moi, ces lignes me rejoignent en ce qu’elles parlent aussi du féminin de leur auteur.

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    1. Noëlle, j’aime une femme pour elle-même, oui. Mais je la reconnais « femme » (et liée pour toujours à mon enfantement, entre autres, c’est ainsi, je reconnais mon origine dans cette déliaison). J’aime cette figure de bronze sculptée par César aussi parce qu’elle est comme la concrétion des figures des femmes aimées dans l’épaisseur de mon coeur.

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  2. Merci Noëlle.
    N’en déplaise à Lacan, elles sont « toute ». Savez-vous que moi aussi (ou mon féminin ? ou mon amour-propre au sens littéral ?) aime être aimé en tant qu' »un » plutôt que « le »…. mais si c’était la vérité j’en serais bien frustré !

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  3. L’Homme existerait…privé alors du « pas tout(e) »qui ouvre à un supplément de jouissance (puisque « pas tout(e) » dans l’ordre phallique)? De cette approche lacanienne, je me suis, René, sentie constituée, ce qui n’est pas le cas , de façon générale, vous le savez. Ainsi en va-t-il du « théorique » qui cesse de l’être dès lors que l’on se l’est approprié. Très belle journée.

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  4. La théorie de Lacan ne dit pas (sauf erreur) que « Toute » et « Pas-Toute » est unifiée dans un moment de vie (précisément moment d’amour), mais peut-être cela va-t-il sans dire.
    Le langage, le même langage, n’est-il pas le pont qui rêve de joindre ces deux champs parallèles – celui de la théorie et celui du vivre – qui, évidemment, ne se rencontrent jamais tout à fait ?

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