soumission

1945

La consommation est une forme de la soumission, comme le travail.
Nous l’apprenons dès la naissance. Nous entrons dans la chaîne du consommer pour vivre – travailler pour consommer – vivre pour travailler – consommer pour travailler – vivre pour consommer – travailler pour vivre.
Chacun est mis en ordre de fonctionnement et la société humaine s’est à peu près complètement uniformisée dans ce modèle devenu monstrueuse machine dans laquelle subsistent pourtant beaucoup de grains de sable, qui jusqu’à présent ne l’enrayent nullement.
Il fut un temps pas si lointain où l’on pouvait encore en rire. Mais quand on nous a dit que le monde terrestre était entièrement sous contrôle, on a déchanté.

Fernand Léger – La grande Julie, 1945

10 réflexions au sujet de “soumission”

  1. Inquiétant le tableau de Fernand Léger…Inquiétante la soumission à la consommation, carotte au bout du bâton, leurre à masquer, dans une flatterie des pulsions, la servitude du labeur…Et puis le contrôle qui n’en finit plus de nous dé subjectiver fût-ce par réseaux sociaux interposés. Tristesse d’humanité…Comment déjouer les manœuvres? Préserver le désir?

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    1. Les sujets désirants qui ne seraient pas fondus dans le mouvement de la machine sont moins que grains de sable puisqu’ils ne le gênent en rien. Ils sont contraints à vivre dans les espaces interstitiels qu’ils savent se créer. Alors disons, au mieux, que ce sont des vers de terre. A moins de faire l’autruche, il faut bien voir que nous sommes dans un monde post-humaniste. Mais tout cela avait été magnifiquement raconté par Aldous Huxley.

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  2. je ne suis pas sur qu’il fût un temps ou l’on pouvait en rire …
    antidote envisageable …la lutte de classes,mais je te sens te crisper .
    Pour mémoire Fernand Léger y croyait,comme une évidence .
    Bon,merci pour ces pensées scalpel
    Gérard

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    1. Merci Gérard. Moi aussi, rétrospectivement, j’y aurais cru avec Fernand Léger, c’était avant que le carnage du stalinisme et ainsi de suite soit apparu au grand jour. Mais si je dis qu’on pouvait en rire c’est justement pour le grand rire magnifique et l’indéfectible sérénité dont toute la peinture de Léger est illuminée. (Mais je n’oublie pas Chaplin, ni Tati, non plus).

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    1. Merci Dominique de ce beau message de réconfort, qui surtout met si bien l’art à sa juste place, celle du papillon, si léger (ce nom si bien porté), si frivole, dont les conséquences du vol sont imprévisibles, mais certaines.

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