
Comme il y avait au temps de Freud un sur-moi — qu’il s’était donné la peine de dénicher de derrière les fagots, d’empoigner et de caresser dans le sens du poil, ce qui est, somme toute, une belle aventure, il en allait de la cohésion du moi…
Voilà qu’il y a aussi un sur-nous — gigantesque, qui bâillonne, qui étouffe notre créativité commune… sphère médiatique tentaculaire… sphère des images et des signes, par quoi tout est, à l’origine ou en définitive, contrôlé, passé sous approbation, sous distorsion ou rétorsion. Mais d’où vient-il ce vaste miroir, ce cadeau de l’évolution, de quoi veut-il nous protéger ?
Serions-nous tentés de faire passer notre flux de liberté, de désir créatif, à travers cette nouvelle enveloppe pariétale, charmeuse et menaçante, qu’il aurait (ce flux, sporadique) toutes les chances de se noyer avant d’arriver à voir le jour.
Resterait donc le moi comme petit horizon.
Une peinture de Amel Zmerli
sur-nous, l’équivocité humoristique du terme m’évoque ces images d’illusions que véhiculent les discours ambiants sur nous, pauvres petits moi (s), sous le coup de leurs leurres 😉
très belle aquarelle, si colorée de vie, très belle technique
merci du texte et des couleurs qui l’accompagnent
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Merci. Votre commentaire m’évoque la pêche à la ligne, ses leurres et ses couleurs, sa bonne humeur 😉
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Mais oui, peuchère! Ils (qui?) nous (qui? ) pêchent, empêchent, dépêchent, sur pêchent, prêchent, bancs poissonneux, volontaires en servitude, offerts en masses, en foules éventuellement numériques, donc comptables (et là, « moi », peu ou prou en être). Plus rien d’incommensurable! Alors…
Alors, si « boiter n’est pas péché », pas pêché pour autrement dire, boitons, boitons: peut-être que de nos boiteries singulières, solidaires, se causeront, produiront, diront un
« é moi »
En témoignent les indécis multiples séparés hauts en couleurs de la somptueuse peinture d’Amel Zmerli.
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Ce que j’aime dans cette aquarelle, c’est cette ouverture de toutes parts, ces parcours de lumière, cette mobilité, ce miroitement des couleurs. Ce bain de joie, autrement dit, de liberté.
Et c’est ce que je retrouve aussi dans ton commentaire, preuve que ce désir créatif, auquel j’en appelais, est bien présent, même si tu le fais boitant, et moi au bord de la noyade…
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Tes mots, René, dans leur fluidité, sont de la même tessiture, de la même fluidité, de la même poésie, de la même liberté que l’aquarelle d’Amel Zmerli. Et surtout, ne te noie pas! Je ne suis plus en capacité de plonger avec une bouée au bout des bras! Poursuivons ce libre et heureux partage en boitant et surnageant.
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Entendu ! Le voyage sera insolite mais beau !
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