
Le matin, la nuit pèse encore, elle me coule le plomb de noirceur au creux du vivre. Il doit être absorbé, métabolisé, pour que je me reprenne d’estomac, de pied en cap, pour que le soleil puisse transparaître, m’inonder, m’innerver.
C’est la repoussée d’un arbre. D’un arbre marchant, d’un homme.
A midi, Dieu s’organise en moi.
Ne vous méprenez pas, ce dieu n’a pas de nom, pas d’image, pas d’existence encore, juste un début d’organisation de toutes les affluences qui me constituent, qui viennent de vous, de vous et de vous, affluents des étoiles – une façon commode de dire : de tout ce qui me précède, pensées, actions, matières.
Voilà, il est quatorze heures.
Près de moi le livre de Marcel Conche sur lequel je m’étais endormi.
Philosopher à l’infini, puf, détail de la couverture
Cet arbre-là ne cache pas la forêt. Tout en vie qui afflue et s’organise, il la révèle. Merci pour ce beau texte d’humanité.
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