
Il te donne cette sensation inégalable d’enjamber le présent. Tu vis sur le devant de la scène, tu es à la proue du monde qui se crée quand tu es avec monsieur Temps.
Et tu le sais multiple, agile et volatile. Il est aussi de même pour ton petit-fils qui est loin, qui va avoir sept ans et qui fait un peu partie de ton fouillis d’inquiétudes profondes… de vie et de mort, de transmission, d’oubli, de renouvellement des générations de l’humanité sur terre… Il est en chacun en train de procurer cette mystérieuse sensation de présence, cette capacité d’éprouver, de se sentir investi de présent et de vie.
Monsieur Temps, il faudra apprendre à le partager en profondeur — non pas par la pensée seule — mais dans la profondeur du corps qui ressent la fragilité de soi, l’éphémère de sa présence aux autres, des autres à soi. Ressentir que c’est lui qui fait le commun et le partage.
Photographie de Thami Benkirane





