brèche

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Toute une vie pour arriver à une brèche. Toute une vie pour arriver à comprendre la brèche qu’est la vie — par où elle peut exploser — un printemps. Où elle s’engouffre, un hiver — meurt — pour que quelque chose naisse. Toute une vie pour se retourner et imaginer apercevoir la fournaise d’où l’on vient et la fuir une fois encore, projeté dans une métamorphose de pétales blancs.
Le printemps revient aux êtres vivants — mais pas à la mort. Pourquoi manier la mort, pourquoi la perpétrer ? Alors qu’elle ne nous appartient pas, qu’elle seule nous est inaccessible, inconnue ? Alors que vivre demande tant de soins, permet tant d’amour.
Pourquoi pavons-nous l’esplanade de la mort, le mur de la mort — où rien ne pousse — où l’on attend, où l’on espère faire brèche ?…

photo r.t

8 réflexions au sujet de “brèche”

  1. anecdote ,pour moi c’était aussi le nom de la librairie parisienne de la 4e internationale façon Krivine et Besancenot ….des gens que j’aime bien.

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  2. J’aime ce texte, en particulier l’image des multiples naissances qu’offre la vie : la projection « dans une métamorphose de pétales blancs ». J’aime aussi l’idée de brèche, de ce qui fait brèche. La vie brèche dans le néant; mais aussi, la mort m’apparaît comme brèche dans la vie, passage, changement d’état. Et l’échelle, jaune et bleu doux, au pied du mur, suggère la surface à talocher, à lisser, pour bricoler sa vie, au mieux ou au moins mal. Merci, René, pour cette belle invitation au vif.

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  3. J’ai passé ma vie à colmater les trous, trou de la vie, trou du bonheur. … Aujourd’hui c’est le monde qui doit changer et les acteurs de ce changement doivent être ceux qui ont travaillé dur mais le résultat leur échappe!!!!

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  4. Une brèche…un sourire…

    Escabeau aimait Escabelle
    Toujours elle lui disait d’aller se débarbouiller
    de tout ce bleu ce jaune avant
    de l’approcher
    Mais l’attache de tant de murs
    toute une vie durant
    avait frappé Escabeau de lenteur idéatoire

    Escabelle était déjà bien loin
    lorsqu’Escabeau la traita
    d’Escapabelle

    Paris, un 22 février gris escabeau

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