le téléphone

café arabe 1913

Le soleil est invité à ma table, à côté du livre, du téléphone et des papiers, fenêtre ouverte.
Les martinets passent en criant et les merles font concert.
Je suis à la table des Dieux.

Puis ça glisse dans le gris, nous glissons en douceur vers la nuit, comme la mer se retire sans disparaître.

Maintenant c’est passé.
Mais qu’importe leurs débats et les nôtres. Nous étions bien dans le chant du merle, le soleil sur la table, les mots qui viennent du cœur.

Est-ce cela que tu voulais dire : « faire le plein d’énergies incroyables » ?

Henri Matisse, café arabe, 1913

6 réflexions au sujet de “le téléphone”

  1. Un beau festin proposé Matisse, alanguissement des corps dans le douceur des ocres sables et dans l’invitation rouge de poissons / fleur; festin aussi pour l’imaginaire et l’oreille dans tes évocations et tes assonances « cri gri gli »…On entend les oiseaux dont les cris ponctuent en traits sonores l’étude à la table de travail. Merci pour cette fenêtre ouverte et le doux glissement gris du clair obscur vers la nuit. On peut ici se suffire du simple « être là au monde »

    J'aime

    1. Mais je ne sais pas si c’est tellement simple « être là au monde » ou plutôt la vie favorable.
      Aujourd’hui le monde instrumenté et médiatisé que nous nous sommes donné nous éloigne de la perception de nos sens et de la chance de ces moments favorables.

      J'aime

  2. Souvent, René, ça me paraît simple, lorsque je parviens à me « rassembler » et m’installer dans ce « non agir » que j’évoquais ailleurs et qui me semble le mieux « agir » contre l’entropie ambiante. Mais bon, c’est ma perception…J’essaie de m’éloigner de ce monde que tu décris pour qu’il ne m’éloigne pas de mes sensations. J’essaie…

    J'aime

  3. être là à la table des dieux, aux êtres et aux choses ouverte, c’est peut-être notre cadeau de l’ici et maintenant, pleinement. Merci pour ces mots qui les accompagnent

    Aimé par 1 personne

  4. OUI les martinets, le soleil ,la simplicité et la beauté , la distance non abolie par le téléphone , juste un peu ,et parfois une voix incarnée reconnue prend un train et trouve sa voie …Ton écriture me parle de plus en plus peut être à cause de la fragilité de ces moments .merci !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s