fossiles

P1010388r

Voir un arbre, c’est voir le passé et l’avenir d’un seul regard.
Tout aussi bien que prendre une graine dans sa main. Elle qui contient tout le passé prêt à germer. De l’avenir et du passé à tout instant nous sommes traversés. L’arbre danse avec ça.
Mais l’homme a le goût des fossiles. Depuis qu’il est descendu des arbres il n’a plus guère le goût de danser. Il a dessiné ses prés-carrés, creusé son trou et construit ses bras articulés afin de tout dominer autour de lui – etc. Cette humanité-là est un cancer pour la Terre – peu à peu elle s’en extrait.
Il lui manquait le ciel – des feuilles, des fleurs, le ciel débridé des singes nomades. Il lui manque maintenant la terre. Cette humanité s’en va.
La petite part qui reste sera réabsorbée par la nature terrestre.
Ceux qui seront partis – les nouveaux dinosaures – auront laissé provisoirement quelques fossiles, tours eiffel rouillées, dans le paysage. Il est toujours temps de quitter le vaisseau fantôme.

photo r.t

8 réflexions sur “fossiles

  1. L’arbre qui danse le temps, émouvant avec son œuf et/ou tumeur dont sortira on ne sait quel futur, tandis qu’un petit saurien esquisse un élan câlin du cou pour se blottir contre lui.
    Serons-nous ce saurien?
    « Cancer  » m’a rappelé un passé lointain quand, étudiante, j’ai lu dans « La Montagne magique » de Thomas Mann, que l’homme était « cancer de la matière ». Je me suis alors insurgée de tout le violent espoir de mes années de gloire…Maintenant, plus lucide sans doute, je pense assez souvent, comme toi, que nous organisons la disparition de notre espèce et que la terre s’en remettra (il n’est qu’à voir le retour des espèces sauvages à Tchernobyl). Me restent pourtant quelques bribes d’espérance : alors, je me raccroche aux branches et m’émerveille de ces expériences où cadres, ingénieurs et autres, quittant le profit, choisissent une vie différente, manifestant de diverses manières, un souci de la terre. Notre pensée, nos vies peuvent s’insurger, peut-être en vain et pourtant peut-être…

    J'aime

  2. Merci Noëlle pour ton écho sensible et ses résonances dans le passé et le futur. Nous nous rejoignons peut-être, d’une certaine manière, dans les branches auxquelles tu te raccroches puisque j’y suis, ayant depuis longtemps quitté le profit pour vivre, non en insurgé mais plutôt comme un petit saurien, câlin et vaurien…

    J'aime

  3. « Tous les quatre ans
    on lui coupe ras toute l’ombre
    et sous sa tête chauve
    lui viennent des pensées très claires et très ordinaires
    comme aux fenêtres
    lorsqu’on leur lave les rideaux »

    C’était au temps où il y avait encore des maisons et des arbres …
    Douces fêtes sous la neige sans piquants.

    Joëlle Chartier/Abed

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ce grand cadeau, Joëlle, j’aime beaucoup, et je garde cette vie incarnée et offerte du temps des arbres et des maisons. Et qu’ainsi elle se prolonge, dans un poème et qui contient aussi, comme les graines, la promesse d’un avenir. De bonnes douces fêtes à vous aussi.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s