musique et texte

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Le livre s’ouvre sur la musique.
Plus précisément, la musique ouvre ce livre, elle y fait une effraction insidieuse. C’est une musique qui vient rencontrer le personnage principal, Premilla. Coller à sa chair.

Music curls its way down the corridor, engraves itself into her half awakened senses, tiptoes and steps tentatively on to the counterpane and stares at her. Premilla turns, draws the bedding over her head to shut out the sound, but it penetrates the blankets, forcing her heartstrings to strum with the rhythm of the violin. The melody brings no joy. It revives something so deep and profound that she holds her breath, slides deeper under the sheet and blankets, to brush away the melancholy sensation that has misted the sunny morning into gloomy dullness. Then, the solemn vow made on the eve of her wedding returns, flames through the coverings, arrows into her heart. Its overpowering stab begins piercing and consuming her.

Mais cela dit aussi que la matière du texte est musique. Sans elle le texte ne pourrait pas jouer son rôle de rédemption. La fiction, le roman, la poésie n’auraient pas leur sens le plus profond, ou ne nous en permettrait pas l’accès.
De ce roman qui s’ouvre ainsi dans la musique, on ne sait pas s’il sera une plainte, un lamento, quelle danse, quelle jubilation peut-être ou quel silence adviendront.
Mais on entre en lui – peut-être même sans le savoir – par sa musique.

Neela Govender, Premilla and the Vow, Gaspard Nocturne, 2011
Photographie de Anne Nouwynck

2 réflexions sur “musique et texte

  1. Musique, »effraction intrusive »en ce qu’elle n’apporte pas la joie mais ouvre à la mélancolie. Elle » consume », « perce » et j’en ressens la griffe, la marque telle que l’auteur l’évoque dans ce roman-mémoire d’enfance: « Une épine d’acacia au cœur » où elle donne voix aux expériences des premières années, musique intime toute simple et émouvante dont tu t’ es fait le chantre en la traduisant et l’éditant. le plaisir d’écriture s’y métamorphose en plaisir de lecture…musiques moins mélancoliques. Ce récit est prenant, comme cet autre texte/musique ici, comme la photo…gouttelettes bleues, notes, larmes mélodiques, en douce pluviosité.

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  2. On ne peut s’empêcher, c’est vrai, d’entendre dans le lointain la musique d’enfance de ce premier roman, et cela donne à celui-ci l’extraordinaire pouvoir de nous faire ressentir la lente et secrète métamorphose qui a fait devenir la femme.

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