Ses identités se défont.
Alors qu’il les multiplie, se divisant en diverses entités intérieures et extérieures, créant des espaces nouveaux en lui et autour de lui pour ces personnages rêvant ou projetant chacun leurs aventures propres.
En même temps tout cela décrit comme une grande ellipse, loin autour de lui, qu’il ne peut voir, mais qui lui apporte cette lumière enchantée d’un passé qui n’a pas eu lieu tout à fait et qui lui donne le réconfort nécessaire à sa croyance en ce qu’il voit et ne peut voir que comme l’avenir.
Il fait une sorte de mise en abîme de lui-même. Il la fait sans le savoir puisque je (qui suis au fond sa seule vraie création, qu’il a dotée de tous les pouvoirs possibles) la fais pour lui. Je suis la grande ellipse. Une mine de crayon, un bâton de graphite, un simple bâton gris, une baguette magique.

Dessiner mon père, par Yves Berger