
Je considère mes pensées — qui tendent leurs filets dans l’océan sans fond — jusqu’à ce qu’elles remontent et prennent le large, se transforment en oiseaux, en ciel, en couleurs, en espace.
En nous est la danse, la Psyché, la part d’oiseau.
En nous la part de l’espace, de l’immensité.
Elle nous connecte aux nuages, aux racines des arbres, si nous voulons bien nous y prêter, nous faire savants, magiciens, philosophes, artistes.
Mais quel dieu nous veut-il en guerre ouverte avec nous-mêmes, en compétition entre individus coupés les uns des autres, coupés de l’immensité ? Serait-ce Vénus ou Apollon, les jaloux… Jupiter… ?
Mais je laisse mes pensées s’étaler, d’un bord à l’autre d’une feuille, glisser hors de leurs signes, tomber, s’envoler, s’accrocher aux branches, prendre les couleurs de l’air, me donner des nouvelles de l’orage.
Lithographie de Calder





