
Toute une vie pour arriver à une brèche. Toute une vie pour arriver à comprendre la brèche qu’est la vie — par où elle peut exploser — un printemps. Où elle s’engouffre, un hiver — meurt — pour que quelque chose naisse. Toute une vie pour se retourner et imaginer apercevoir la fournaise d’où l’on vient et la fuir une fois encore, projeté dans une métamorphose de pétales blancs.
Le printemps revient aux êtres vivants — mais pas à la mort. Pourquoi manier la mort, pourquoi la perpétrer ? Alors qu’elle ne nous appartient pas, qu’elle seule nous est inaccessible, inconnue ? Alors que vivre demande tant de soins, permet tant d’amour.
Pourquoi pavons-nous l’esplanade de la mort, le mur de la mort — où rien ne pousse — où l’on attend, où l’on espère faire brèche ?…
photo r.t





