
Nous avons besoin de comprendre c’est à dire de rassembler, de prendre dans un ensemble ce qui échappe.
Maîtriser, s’approprier, construire.
Mais comprendre c’est aussi contenir. Un ensemble comprend des éléments.
Il s’agit toujours de créer l’appartenance ou la non-appartenance.
La relation ou la non-relation.
En même temps je comprends que rien ne m’appartient — à part ce que ne tiens.
Ce que je comprends reste toujours en dehors, parce que je suis en position spéculative, c’est à dire en dehors.
Si je suis en position contemplative, je suis en dedans, dans ce que je contemple.
Je sais que je n’ai pas compris la vie.
Comprendre que je ne prends rien dans ce filet
que tout reste en dehors.
J’adorais le jeu des osselets, quand j’étais petit. On rassemblait prestement dans sa main ceux qui étaient au sol, tandis qu’on avait lancé l’autre en l’air et que la main le récupérait à sa chute parmi les autres.
Aujourd’hui j’élague des grands arbres, leurs belles branches tranchées par ma scie me font le don du miracle blanc de leur fraîche vie. Et je ne comprends rien. Cette maison trop près des arbres, elle, n’a pas de vie. Il me faudrait encore déplacer les cadres. Être nomade. Comprendre n’est pas comprendre mais établir des liens. Tous ces liens qui augmenteraient l’intelligence du monde. Ce serait la seule façon de comprendre.
Quand tout est comprendre.
photo r.t





