
Je vois passer les dernières écharpes de couleur dans le ciel, comme souvent le soir. Elles ne s’accrochent plus au mur de ma maison comme autrefois, attendant que mon rêve se dissipe, exalté par l’écriture. Les nuages passent, ternissent, se disloquent, dessinant des flammèches, des traces de pinceaux, des processions désordonnées, vagabondes, des danses sautillantes ou des taches d’encre peu à peu diluées dans le ciel rose et bleu, silencieux, où vient virevolter une chauve-souris.
Comme est passée la poésie qui me berçait, m’enveloppait, me protégeait et m’a finalement laissé voir le monde cru, compact et froid, brûlant, cruel, beau, sans limites, sans accroche véritable… comme je le lui demandais ardemment depuis toujours.
Elle est pourtant restée dans le fluide de mon corps, et jusqu’entre mes mains.





