
Voir un arbre, c’est voir le passé et l’avenir d’un seul regard.
Tout aussi bien que prendre une graine dans sa main. Elle qui contient tout le passé prêt à germer. De l’avenir et du passé à tout instant nous sommes traversés. L’arbre danse avec ça.
Mais l’homme a le goût des fossiles. Depuis qu’il est descendu des arbres il n’a plus guère le goût de danser. Il a dessiné ses prés-carrés, creusé son trou et construit ses bras articulés afin de tout dominer autour de lui – etc. Cette humanité-là est un cancer pour la Terre – peu à peu elle s’en extrait.
Il lui manquait le ciel – des feuilles, des fleurs, le ciel débridé des singes nomades. Il lui manque maintenant la terre. Cette humanité s’en va.
La petite part qui reste sera réabsorbée par la nature terrestre.
Ceux qui seront partis – les nouveaux dinosaures – auront laissé provisoirement quelques fossiles, tours eiffel rouillées, dans le paysage. Il est toujours temps de quitter le vaisseau fantôme.
photo r.t





